Tous les hommes étaient des guerriers et se rasaient le crâne, gardant au sommet de la tête une "touffe à scalper", pour défier leurs ennemis chasseurs de chevelures.
Les femmes travaillaient aux champs. Avant la moisson se célébrait la "fête du maïs vert et du renouveau" : les vieux vases étaient cassés, les villes nettoyées et les feux du temple rallumés. Contrairement aux indiens du Nord de l'Amérique, les peuples du Sud-Est construisaient des temples abritant le feu sacré et une statue de pierre, représentant le dieu-soleil, devant laquelle étaient immolés les prisonniers.
Les rois-prêtres, élus à vie ou héréditaires, étaient les descendants du soleil. Ils gouvernaient le peuple tandis que les chefs de guerre,aussi puissants qu'eux, dirigeaient les combats. Cette organisation de la société traduit nettement une influence aztèque.
Aimables dans leurs manières, enjoués dans leurs rudes jeux, les indiens du Sud-Est faisaient la guerre avec une incroyable cruauté, massacrant hommes, femmes et enfants, et torturant atrocement les prisonniers. Cherokees, Choctaws, Chicasaws, Creeks et Séminoles, formant le groupe des cinq nations civilisées avaient des rapports très amicaux avec les européens. Certains membres de leurs tribus furent même présentés à la cour d'Angleterre. Mais lorsque les colonies anglaises s'émancipèrent, les blancs commencèrent à envahir les territoires indiens. Chaque tribu fit la guerre pour son propre compte.
En 1760, la nation Cherokee s'est soulevée contre leurs alliés, les anglais, en Virginie et en Caroline. Menés par Oconostota, les Cherokees ont combattu pendant deux ans. Éventuellement, ils ont accepté une trêve de paix non sans voir des parties de leur territoire pris par les anglais qui y ont rasé villages et cultures.
Grâce à l'alphabet inventé par un Cherokee, appelé Sequoyah, bien adapté aux langues indiennes, les indiens des cinq tribus firent d'extraordinaires progrès dans tous les domaines. Ils perfectionnèrent leurs techniques d'agriculture et d'élevage, et utilisèrent leur énergie autrefois dévolue à la guerre à faire fructifier la terre. Cette prospérité, jointe à la découverte de gisements d'or sur leur sol, finit par déchainer l'envie. Et par la force des armes, les américains déportèrent les indiens loin de leur terre natale, les conduisant le long du "chemin des larmes", jusqu'en Oklahoma.
1830-1839 LE "CHEMIN DES LARMES"
La loi sur le retrait des indiens était conçue dans le but de délocaliser les indiens de l'Est du 95ème méridien à l'Ouest de ce dernier.
En 1830, le président Andrew Jackson signe la "loi de déplacement des indiens" qui exile les tribus de l'Est américain à l'Ouest du Mississippi:de l'or vient d'être découvert sur leur territoire. Des dizaines de nations sont d'abord contraintes à l'exode : Choctaws, Creeks, Chickasaws, Shawnees....
Puis vient le tour des quelque 15 000 Cherokees de Géorgie. De juin 1838 à mars 1839, ils sont rassemblés dans des camps de concentration avant d'être forcés à marcher jusqu'en Oklahoma. Sur ce "chemin des larmes", long de 1300 km , 4000 d'entre eux soit un sur quatre, meurent de froid, de faim ou de maladie.
Lorsqu'ils eurent réussi à fleurir ces déserts, au moment de la guerre de sécession, ils furent chassés. Quelques-uns d'entre eux se réfugièrent en Caroline du Nord où existe de nos jours une réserve fédérale à Qalla.


